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Les Huguenots du Pays messin au Refuge à Berlin
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![]() et savoir-faire des Huguenots messins au service du Brandebourg
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Les réfugiés avaient un atout de taille à leur arrivée en Brandebourg, celui de la culture française d'autant plus que le Grand Electeur était lui même très francophile La langue française était courammant usitée à la Cour et il était de bon ton de ne parler que le français dans les milieux de l'aristocratie allemande . Ce fut tout bénéfice pour nos réfugiés comme on va le voir. Les souverains donnèrent l'exemple les premiers en confiant l'éducation des princes et princesses à des précepteurs et préceptrices français. Ainsi, le roi Frédéric I confia l'éducation de sa fille la princesse Louise Sophie Dorothée à la très messine Marie d'Ingenheim, sœur du déjà cité Claude d'Ingenheim, les ex-seigneurs de la Grange-aux-Dames.(Voir le port de Metz)
Les
huguenots avaient toujours pour principe de créer une école là où
se trouvait un temple. D'une manière générale, ils étaient très
soucieux de l'éducation des enfants. La qualité de l'enseignement
dispensé à l'époque fit que bien des familles allemandes envoyèrent
leurs enfants au collège français ne serait-ce que pour y apprendre
la langue puisque l'enseignement y était exclusivement dispensé
en français. On y enseignait à lire et à écrire, l'arithmétique,
les principes de la religion, les Belles Lettres et la philosophie.
Directeurs, inspecteurs, professeurs ne manquèrent jamais
parmi les réfugiés même messins: (on ne citera que ceux-là)
Les études philosophiques de Louis Frédéric Ancillon dans les Mémoires de l'Académie Royale des Sciences et Belles-Lettres de Berlin, de même que les travaux de Philippe Naudé fils, sont accessibles sur le site: http://bibliothek.bbaw.de/
Conclusion: La francophilie des Hohenzollern trouve son apogée sous le règne de Frédéric le Grand ( Frédéric II, 1712-1786) hôte de Voltaire à Sans-Souci (Potsdam), le défenseur de Calas sans parler de leurs nombreux échanges épistolaires( en français).
Que promettait l'édit de Potsdam pour attirer en Brandebourg
le plus possible de gens de métier?
En clair, celui qui voudra créer une entreprise de quelque nature que ce soit, sera non seulement aidé financièrement, mais encore les matières premières lui seront-elles fournies (cuir, drap, laine, métaux précieux pour les orfèvres et joailliers etc...). Des conditions certes avantageuses qui faisaient pâlir d'envie les autochtones mais encore indispensables car il ne faut pas perdre de vue que la majorité des réfugiés arrivaient à Berlin démunis de tout. Seuls les nobles et la haute bourgeoisie messine avaient réussi à transférer en Brandebourg leur fortune, mais ils trouvaient comme on l'a vu précédemment d'autres emplois . Cela dit, deux nobles messins ont contribué à l'essor des manufactures en Brandebourg:
Ils contrôlaient par exemple la manufacture de Louis Lejeune originaire de Metz, installé à Soest en Westphalie et dont le secteur d'activité était la teinture (le pastel). Les conditions avantageuses dont les réfugiés bénéficiaent pour démarrer leur entreprise,avaient comme contre partie une obligation de résultats et un suivi de la part des dits inspecteurs. Le succès des manufactures travaillant la laine fut rapide car en l'espace de deux ou trois ans elles fabriquèrent assez pour fournir le pays en étoffes qu'il avait fallu jusque là faire venir de l'étranger. Il est un autre secteur d'activité non pas créé par les réfugiés
mais relancé depuis son extinction en Brandebourg après la guerre
de Trente Ans: la tannerie
. Les messins dont c'était la spécialité continuèrent en Brandebourg
leur métier: Jean Hian; Daniel Claude; Abraham Remy; Daniel Delagarde
tous établis à Berlin; tandis qu'Isaac Séchehaye construisait un
moulin à tan
à Prenzlau.
Conclusion: En quelques décennies, les huguenots ont contribué à combler le retard économique et culturel du Brandebourg par rapport aux autres nations européennes. Certes le départ massif des protestants à l'étranger en cette fin de XVII è siècle a nui à la France, ne serait-ce qu'à cause de la fuite des capitaux , sans parler des officiers qui sont allés grossir les rangs des armées ennemies, pas seulement en Brandebourg mais aussi dans les autres pays du Refuge comme l'Angleterre et les Provinces-Unies. Mais ce départ massif n'a pas provoqué de crise économique grave dont la France ne se serait pas remise, et l'on peut dire que les Huguenots exilés ont plus apporté au Brandebourg qu'ils n'ont fait perdre à la France. |
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